La neige vide la ville de son humanité chaotique. Les flocons absorbent les bruits et les gestes. Le temps se fige dans une blancheur ouatée. Dès le premier rayon de soleil, bonnets et grosses bottes, gants et doudounes épaisses laissent leurs empreintes dans la poudre scintillante. Bonheur d’être le premier à s’enfoncer dans la couche épaisse qui craque mollement sous nos pas.
Alors la neige se partage. On joue à tous les âges. Petites mains d’enfants, rires gras d’adolescents, bêtises d’étudiants et adultes fringants se retrouvent dans les batailles de boules de neige. La moindre pente invite à la glissage. On sort les luges. Voire les skis. Et les bonhommes de neige fleurissent dans les parcs et sur les trottoirs, dans les jardins et sur les terrasses.
Donner un visage à la neige. Faire de l’hiver un ami. Laisser une trace de cette joie enfantine que produit la neige fraîche. Créer ensemble dans un élan de gaité. Le bonhomme de neige, c’est répondre à l’hiver par la créativité.
Il y a les pressés qui se contentent de deux petites boules au ras du sol. Les architectes qui construisent des monuments. Les esthètes qui soignent les détails. Les humoristes qui détournent les objets du quotidien. Les bonhommes de neige sont l’expression d‘une humanité foisonnante et plurielle.
Version étudiante sur le campus d’Eglantine. Version des régisseurs au théâtre La Piscine. Version architecte au bout de notre rue.
Puis vient la pluie. Et les bonhommes de neige disparaissent sur la pointe des pieds dans l’humidité grise, emportant dans leur liquéfaction cette part de rêve et de folie qu’on appelle bonheur.
Les voitures envahissent les routes. Les bruits accaparent l’espace. On regarde à nouveau l’heure pour ne pas être en retard. On organise. On ajuste. On rattrape. Mais dans sa tête, on garde un bout de ces bonhommes éphémères. Et un sourire réchauffe nos cœurs.
Regarder tomber la neige Parc de Sceaux (photo d’Olivier)Parc de sceaux (photo d’Olivier)La cime de notre cèdre
Parce que je ne me lasse pas de ces petits moments précieux…
Généralement, je me couche tôt.
Mais quand je reste un peu tard dans le salon, je vois descendre une souris qui vient vider le garde-manger avant d’aller vraiment se coucher. Alors, tandis qu’elle termine un plat de pâte, je chope quelques infos sur les copines, les copains et les dernières tendances de la vie de mon ado.
Petites conversations fluides. Décousues. Volant comme des rubans colorés dans la lumière tamisée.
Deux billes noires sous une frange grise. Bouille ronde et truffe joyeuse. Pelage bouclé et queue en pompon crème. On ne connais pas vraiment sa race. Bichon. Shih tzu. Caniche. Peu importe. A peine plus gros qu’un chat, court sur pattes, il a été jeté d’une voiture dans un fossé de campagne. Une femme qui avait tout vu a arrêté sa voiture et récupéré la boule tremblante. Elle l’a appelé Oscar. C’est ma maman.
Aujourd’hui, elle ne peut plus s’en occuper. Le chien a passé plus de sept mois chez nous. Hors de question de lui rendre après sa dernière chute. Les chats se sont habitués à lui. Mon nombre de pas quotidien a fabuleusement augmenté au rythme des promenades quotidiennes. Ses aboiements doublaient la sonnette à chaque visite. Sa bonne tête nous attendrissait. Mais nous ne voulions pas d’un chien. Nous aimons l’indépendance de nos chats, leur tendresse distante.
Le jour de Noël, un ami nous a téléphoné. Il avait entendu parler du chien par Hortense, très amie avec son fils. Il voulait en savoir plus.
Ce soir, Oscar a finalement rejoint sa nouvelle famille. Ils étaient cinq pour l’accueillir, curieux de le découvrir, avides de l’intégrer, à l’écoute de ses réactions. Gros os. Autorisation de dormir dans les chambres. Dix mains pour le câliner.
Cette nouvelle année commence sous les meilleurs auspices.
La maison vivote doucement en ce premier jour de janvier. Chacun se love dans cette chaleur tranquille des lendemains de fête. L’occasion de replonger dans l’année passée. De repenser à celles et ceux qui l’ont rendue plus belle. De les remercier.
Merci, d’abord, à me filles. Pour leurs sourires, pour leur façon, unique et personnelle, d’élargir les horizons, pour leur fraîcheur joyeuse, pour leur humour piquant et leur douce intelligence.
Merci aussi à mon homme. Pour son indéfectible soutien, pour sa patience, sa tolérance et sa générosité.
Merci à toutes ces personnes qui aident, soignent, réconfortent et stimulent. Qu’elles soient amies, bénévoles ou professionnelles, elles rendent la vie plus belle.
Merci à l’Azimut de m’avoir fait suffisamment confiance pour ce travail dont je ne connaissais rien, pour cette collègue dont je partage désormais le bureau et pour la découverte continuelle des richesses du spectacle vivant.
Merci à celles et ceux qui accueillent mes états d’âme, qui provoquent mes sursauts, qui inspirent mes rêves et mes projets, qui soufflent dans ma vie des bulles de magie.
Que l’année qui commence m’apporte autant de couleurs que celle sui vient de s’éteindre. Que se multiplient les belles rencontres, que perdurent les amitiés, que l’amour cascade et que la joie résonne au creux des rires.
« Donnez à chaque jour la chance de devenir le plus beau jour de votre vie. »
On prête ces mots à Marc Twain. Peu importe qu’il ne les ait jamais formulés. Ils seront mon mantra pour 2026.
Entre souvenirs de son enfance et joie de la voir grandir, Hortense a 16 ans. Tourbillon d’amour.
Un jour, on accouche d’un bébé affamé. Un autre, on prend le petit-déjeuner avec une grande liane à la souplesse élastique, peau de velours, cheveux cuivrés et sourire malicieux. Hortense a 16 ans.
L’école n’est plus obligatoire. Elle peut aller seule chez le médecin. Travailler. S’assoir à une terrasse de café. Avoir sa propre carte vitale.
Je pétille en la regardant grandir. Les copines. Les copains. Les histoires de lycée. Les histoires de cœur. Le bac qui arrive. Les soirées. Et le monde qui s’élargit à coup de pass Navigo. Les tenues qui s’ajustent, laissant choir petit à petit les sweats extra-larges comme autant de pétales fanés.
Il émane d’elle une force nouvelle, une maturité solide. Même si le filigrane de l’enfance dessine encore les contours de ses émotions.
Quand le froid mord la moindre chair découverte, on accumule les couches comme des oignons. On ressort les chaussettes en laine et les bouillotes, les écharpes et les gros plaids. Et on se terre dans la chaleur douillette de la maison avec une tasse de thé.
L’ado, elle, ne craint pas les morsures glaciaires. Surtout quand il s’agit de rejoindre ses amis à une énième fête d’anniversaire. Pull chaud et pantalon fluide par-dessus la petite robe noire, autant pour se protéger des températures polaires que des regards masculins, elle s’engouffre prestement dans la maison amie avec les silhouettes tièdes des autres ados.
Je m’endors sur le canapé en attendant l’heure d’aller la chercher. Le réveil me cueille à l’heure où tombent les premiers flocons, épais et scintillants dans la lumière des réverbères. La neige nappe les rues d’un silence mat. Tel un navire brise-glace, la voiture navigue dans la nuit devenue plus épaisse. Les flocons déferlent dans la lueur des phares, s’obstinent sous les balais des essuie-glaces.
Emmitouflée dans ma doudoune, j’ai reculé le siège pour lire en attendant ma passagère. Je ne retire mes gants que pour tourner les pages. Déjà, mes orteils se refroidissent. Une pellicule blanche noie la voiture. Je distingue à peine les ombres encapuchonnées qui sortent de la maison en riant. L’une d’elle ouvre la portière. Elle est rayonnante. La neige ajoute une pincée de magie à cette belle soirée.
Quand tout le monde est couché, mon regard se pose sur le silence ouaté du jardin. Aucune empreinte ne vient perturber le moelleux immaculé de la nuit. La neige m’hypnotise.
Au petit matin, seules quelques cendres blanches sont encore accrochées dans l’herbe ou sur les toits. La grisaille urbaine brille mollement dans les flaques de l’asphalte. L’agressivité du froid a été remplacée par l’infusion perfide de l’humidité.
Heureusement, le marché ravive les couleurs de nos cœurs. Le rose vif des radis, les camaïeux oranges des courges, jusqu’aux blettes qui déclinent toutes les nuances de rouge. La couleur, c’est mon moteur, ma pompe à chaleur.
Entre deux gorgées de thé noir, vivre au rythme de l’été indien dans le charme des couleurs de la Turquie.
Soleil doux d’octobre sur la côte dentelée de l’ouest turc. Mer d’un bleu d’huile dès que le vent tombe. Maisons basses aux murs de grosses pierres ou peints en blanc et portes colorées. Les bougainvilliers fleurissent les ruelles à l’ombre des minarets. L’automne à Çeşme a des airs d’été indien.
Les drapeaux turcs constellent la vie d’un rouge vif et joyeux. C’est la fête nationale. De grands portraits d’Atatürk s’affichent jusque dans les supermarchés. Nous sommes chez Yeşim. Elle aussi a suspendu l’étendard rouge passion de ce pays que nous aimons tant.
Petite maison de bord de mer. Demeure d’été pour vivre dehors, se dessaler après la baignade, se détendre à l’ombre des pins et des grenadiers. L’humidité salée de l’air corrode les métaux sans répit. Mais pour nous la vie est douce avec Yeşim, sa maman et la jeune femme qui vient chaque jour depuis le village voisin pour les aider.
A cette saison, la plupart des maisons sont fermées. Et les quelques voisins qui restent après l’été s’entraident quotidiennement. L’un a prêté un matelas pour notre venue. L’autre une table et des chaises pour manger à l’intérieur. Les soirées sont fraîches, nous ne prenons que nos petits-déjeuners sur la terrasse.
Et quels petits-déjeuners ! Copieux, variés, aussi généreux que l’accueil que nous recevons à chaque visite. Moelleux des simit et des açma, rondeur du kaymak, douceur régressive du pekmez et des confitures artisanales, fraîcheur des concombres et des tomates, acidulé des différentes sortes de roquettes, arômes explosifs des olives noires toutes fripées, saveur réconfortante des œufs durs nappés d’épices et d’huile d’olive, tendresse parfumée des fromages, âpreté du thé noir que l’on boit à petites gorgées bien chaudes dans les tasses en verre traditionnelles.
Une bonne heure pour le préparer. Deux heures pour le déguster. Toutes nos matinées y sont consacrées. Velouté d’un moment où le temps n’existe plus. Oublier l’heure. Discuter. Se rappeler, partager, se projeter, rêver. Rire. Se méprendre. Se comprendre. Se rassurer. Intimité d’une belle amitié qui dure depuis un temps si long qu’on ne le compte plus.
Si on aime autant ce pays, c’est beaucoup parce qu’on aime Yeşim. La Turquie a l’éclat de son sourire, la bienveillance de sa culture, la tranquillité de son caractère, la gourmandise de son humour, la force sereine de sa liberté.
Avec elle, on ouvre les cours d’école, les hôtels fermés, les casernes de gendarmerie. On crapahute dans les théâtres antiques. On découvre des musiciens inoubliables. On se baigne presque seuls. Le temps s’arrête pour les couchers de soleil. La vie devient une gourmandise perpétuelle.
Nous sommes repartis avec plein de nouveaux merveilleux souvenirs à ajouter à notre histoire commune. Merci.
Borda de Lia Rodrigues transforme le silence en un partenaire de danse, rendant chaque bruit de la salle partie intégrante du spectacle. Entre lenteur hypnotique et explosion carnavalesque, le voyage est sensoriel. Personne ne reste indifférent.
Un spectacle de danse sans son, ça crée un certain malaise. Pourtant, assumé et travaillé, ce silence devient hypnotique, chaque mouvement est scruté, de références picturales en rappels du cinéma muet, la danse devient théâtrale.
D’abord, la salle est plongée dans le noir. Une forme blanche se distingue à peine dans la pénombre du plateau. Le public bruisse de murmures. Incompréhension. Mécontentement. Abattement de se retrouver coincé dans ce silence inattendu. Chut ! Répondent ceux que cette scène sans bruit, et presque sans mouvement, ne dérange pas.
La forme bouge à peine. Elle prend vie. Elle gonfle et s’étire dans une lenteur aussi lourde que l’absence de musique. Chaque quinte de toux emplit l’espace. Chaque croisé ou décroisé de jambe. On entend jusqu’aux gargouillis d’estomac.
Je repense alors à cette émission de radio où une journaliste s’extasiait du silence régnant dans un réserve ornithologique. « Je ne trouve pas cela silencieux », avait répondu le spécialiste des oiseaux en face d’elle. Nous, auditeurs qui n’avions pas l’image, entendions en effet les cris des volatiles, le sifflement du vent et les vagues qui se fracassaient au loin.
Le silence, avec huit cents personnes dans une salle, n’existe pas. Il me semble alors que ces bruits sont autant de perturbations qui font partie du spectacle. Pas de musique mais la présence sonore d’un humanité plurielle.
Sur la scène, une grande bâche en plastique blanc attrape la lumière. Roulée, froissée ou tendue, elle évoque une chrysalide étrange et fantastique. Hypnotique. Les bruits du public sont les signes uniques de l’humanité présente dans la salle. On sait que des danseurs respirent sous la masse de plastique et de tissu, que leurs cœurs battent, que leurs muscles sont crispés dans d’interminables pauses ou des mouvements d’une lenteur extrême. Mais aucune forme humaine ne se dégage, laissant toute la place à une imagination contemplative.
Petit à petit, des visages apparaissent. Tâches sombres dans la blancheur originelle. Dans le public, les quintes de toux se sont espacées. Comme si chacun avait enfin trouvé sa place dans ce spectacle aux portes de l’irréel.
Borda, de la brésilienne Lia Rodriguez, est un spectacle qui joue avec les limites. Entre le surnaturel et le banal (la bâche en plastique), entre le magique et l’ordinaire (les visages des danseurs exacerbent des émotions humaines bien connues), entre la vie et la mort, entre la douceur et la violence, entre l’ailleurs et l’ici, entre l’autre (les danseurs) et nous, entre l’amour et la haine, entre les corps voilés et la peau nue.
Le silence est remplacé par les froissements du plastique. Puis des murmures et des plaintes humaines, à peine audibles. Les pleurs d’un bébé. Enfin, les corps des danseurs rebondissent à travers toute la scène, les pieds claquent, les cuisses frappent, les mains clapent. Le tapage de la vie envahit la salle. Les tousseurs sont enfin inaudibles.
Quand les tambours résonnent pour la première fois, le silence est déjà loin. La fin du spectacle est un feu d’artifice. Les costumes prennent des couleurs, brillent de mille paillettes. On est au carnaval de Rio. On est dans le foisonnement magique de la forêt tropicale. On est dans une tribu ancestrale. Dans un chamanisme joyeux et exaltant.
Photo de Sammi Landweer, prise sur le site de l’Azimut.
Enfin, la troupe se resserre, se ramasse littéralement puisque tous les éléments qui ont volé à travers la scène sont regroupés, réinsérés dans la grande bâche en plastique blanc. Les danseurs disparaissent à nouveau sous une forme mystérieuse, surnaturelle. Ça et là, des tissus colorés lacèrent pourtant la blancheur initiale. Comme une trace de cette expérience extraordinaire vécue avec les danseurs.
Leurs visage réapparaissent par-dessus la bâche. Dieux antiques scrutant les pauvres êtres humains depuis l’Olympe. Le noir revient. Seules scintillent encore les paillettes des coiffes extravagantes de nos dieux de pacotille. Flammes d’esprits malicieux que l’on envie de suivre dans la nuit.
Le silence revient. Et l’on hésite un peu avant d’applaudir. On n’a pas vu le temps passer. Est-ce vraiment fini ?
Alors, la salle explose de viva. Quand le rideau tombe, les commentaires fusent. Les enthousiastes et les dubitatifs. Ceux qui se sont laissé emporter. Ceux qui n’ont pas compris l’histoire. Faut-il une histoire pour être embarqué dans des émotions ? Une chose est sûre, personne n’est resté indifférent.
Pour voir plus d’images du spectacle (j’en ai piqué deux de Sammi Landweer sur le site de l’Azimut), je vous conseille de consulter la galerie de photos du même artiste sur le site du Théâtre de Chaillot.
Faire naître sous mes pinceaux une porte ouverte vers l’été alors que la pluie crépite sur la fenêtre.
Le trait de crayon se pose sur la toile immaculée. Puis la première couche de peinture, Diluée, transparente, pour placer les principales masses. Une couche après l’autre, une zone après l’autre. Pinceau épais, puis de plus en plus fin. La palette s’empâte de reliefs de couleurs.
J’ai dû abandonner la toile en cours pendant une semaine. Je l’ai reprise aujourd’hui.
Un cadeau pour une jeune femme aimant beaucoup les plantes. J’ai hâte de lui offrir. En attendant, cette porte ouverte sur les sourires de l’été illumine mon salon.
La montagne est devenue un rituel de nos étés. Nature et partage. Douceur de vivre et récompense après l’effort donnent une autre saveur aux vacances.
Septembre commence dans le clapotis des ondées alors que la chaleur a étouffé l’été tel un boa acharné sur sa proie. Nous, nous nous sommes évadés auprès des edelweiss, picorant myrtilles et framboises au bord des chemins, les cailloux roulant sous nos pieds – ou inversement –. Nos regards enjambaient les vallées, gambadaient de sommet en sommet, s’accrochaient aux ailes colorées des papillons, aux voiles gonflées des parapentes, au vol silencieux d’un planeur.
Le cœur qui bat fort, les muscles qui tirent, les poumons qui s’essoufflent. Et là-haut cet air frais, s’enrouler dans la polaire, casser la coquille d’un œuf dur, laisser couler le jus d’une pêche entre ses doigts. Murmure d’un ruisseau, scintillement d’un lac, tumulte d’une cascade sous l’azur où courent quelques filaments nuageux.
Le sifflement d’une marmotte et nos yeux fouillent la montagne. On s’arrête un instant. La tête dressée guette le moindre mouvement, disparaissant dans le sol si le danger se rapproche.
En haut de la montagne, une navigatrice a troqué son bateau pour saisir l’écume des montagnes. Peindre à l’encre de chine avec les plantes des alpages. Imprimer le brisant d’une crête dans la brume matinale. Elle accueille nos gestes hésitants dans un sourire bienveillant et partage cet art de la sérigraphie qu’elle maîtrise avec douceur.
On croque des croquants, on savoure des glaces au pied des glaciers fondus, on découvre le goût de la livèche et on retrouve celui de la reine des prés. On dîne dans des gastros. On partage des apéros. Les assiettes se multiplient autour de la table. On chante des histoires de champignons. On joue à mimer un nénuphar.
Les soirées s’étirent alors que le soleil se couche. Puis la lune se lève et les ombres escarpées accueillent nos rêveries silencieuses. Enfin, les brumes matinales estompent nos indécisions. Dans la lumière ardente, les cimes dentelées sont les mâchoires redoutables d’animaux fantastiques. Que ressent le krill face à la baleine ?